RH transformation numérique - tendances en Suisse

Digitalisation RH & Tendances – Un interview avec Laetitia Kulak, « Activiste RH » Suisse

Nous avons récemment rencontré Laetitia Kulak, Fondatrice & Directrice du Cabinet Global HR Talents. C’est une vraie “Activiste RH” qui pousse la transformation numérique des Ressources Humaines en Suisse Romande. Spécialiste de l’écosystème numérique RH et du développement de nouvelles technologies issues du Digital RH, elle exerce depuis plus de 20 ans des fonctions dans le secteur des Ressources Humaines.

Avec ses confrères « Activistes RH », Laetitia a mené un grand nombre d’initiatives visionnaires telles que le HR Tech Drink. Leur toute dernière initiative est le tout premier Prix RH Numérique Suisse. Toute l’équipe d’Alaya est fière de soutenir ce prix qui nous tient à cœur et qui vise à reconnaître les professionnels et les équipes qui font de la transformation numérique un véritable levier de transformation stratégique, une opportunité d’amélioration des conditions de travail et un facteur de renouvellement des pratiques RH.

Alors que nous avons recours à la numérisation de l’engagement sociétal des entreprises et leurs collaborateurs, nous nous sommes réunis avec Laetitia pour discuter des dernières tendances et moyens de s’engager solidairement avec elle par le numérique.

L’expérience des employés (“employee experience”) et l’évolution vers « l’expérience humaine » (“human experience”), donner du sens au travail, sont des sujets pertinents de nos jours. On l’a vu par exemple dans le dernier rapport de Deloitte Global Human Capital Trends 2019. Mais que penses-tu de ces sujets ?

C’est un sujet très large qui est bien au cœur des stratégies RH. Je pense que tout est lié à la révolution numérique. Aujourd’hui, cette révolution numérique a complètement modifié le monde du travail et les schémas traditionnels, classiques des entreprises. Les business models « classiques » comme on les connaissait jusqu’à présent avec des strates pyramidales sont revisités pour un management beaucoup plus transversal et plus fluide pour améliorer la communication et ainsi favoriser l’expérience collaborateur. En 2019, on doit être moins dans une recherche de profitabilité ou de rentabilité si les entreprises souhaitent être attractives pour les jeunes talents ! Les entreprises doivent se tourner vers de nouvelles tendances comme le sociétal pour se rendre incontournable auprès des nouvelles générations. Pour conclure, je suis convaincue que placer l’humain au centre de projets innovants et disruptifs pour casser les codes, va devenir une priorité dans les prochaines années !

Selon toi, comment les programmes de bénévolat et de dons des employés s’inscrivent-ils dans ce contexte ? Penses-tu qu’ils puissent relever les défis et saisir les occasions qui découlent de ces tendances ?

Nous vivons une nouvelle ère dans le recrutement, et nous allons être de plus en plus confrontés à une véritable problématique pour attirer la génération des « Millennials », ceux que j’appelle les générations ultra-connectées. Certaines entreprises vont avoir un véritable souci d’attractivité. Comment faire aujourd’hui la différence sur un marché concurrentiel sans valoriser sa marque employeur ? Valoriser une marque employeur, ça passe par plein de schémas mais tu peux faire la différence en montrant que tu es une société beaucoup plus humaine, beaucoup plus sociétale, cela peut faire une grande différence pour capter l’attention de ces jeunes générations. En leur disant : “voilà, tu rentres dans cette structure, qui a un partenariat avec Alaya (ou un autre), elle s’engage pour différentes causes et aujourd’hui, en intégrant cette société, tu vas faire le choix aussi de favoriser ces causes et ton temps de travail va pouvoir se transformer pour contribuer directement”. Un état d’esprit qui est beaucoup plus ouvert, beaucoup plus large, va peut-être favoriser une marque employeur plus forte pour certaines entreprises.

Impliquer les employés dans des programmes de dons et de bénévolat devient donc une évidence pour qu’ils se sentent parfaitement intégré dans l’entreprise. Les bénéfices de cet engagement solidaire favorisent un esprit d’équipe solidaire et renforcent d’autant la marque d’employeur.

Comment les équipes RH peuvent-elles relier les initiatives de bénévolat et de dons de leurs employés à la stratégie de l’entreprise ?

Les RH doivent hacker leurs processus, renouveler des pratiques RH obsolètes pour s’ouvrir à des nouvelles tendances et revisiter leur business model pour attirer et fidéliser les nouvelles générations de talents. Il va falloir qu’ils aient un esprit plus disruptif, plus agile et se remettre en question quotidiennement. Dans les pays Nordiques, comme la Suède par exemple, les RH ont digitalisé pratiquement tous leurs processus pour être plus sur le terrain et se rapprocher des collaborateurs. Les RH doivent s’ouvrir aux nouvelles tendances et mutations de leur fonction, pour mettre en place des stratégies en interne plus souples pour apporter de la créativité et de la valeur ajoutée au département des Ressources Humaines.

L’engagement et l’expérience collaborateur doivent être une priorité dans les stratégies RH à venir et le bénévolat peut faire partie d’une nouvelle forme d’attractivité des jeunes talents.

Au sujet de la numérisation au sein des RH, selon toi, quel rôle jouent les outils numériques RH, dans l’expérience employé, et donnent-ils un sens au travail ?

Les outils, solutions, plateformes digitales appelées HR Tech font aujourd’hui partie intégrante de la sphère RH. Il faut prendre ces outils en se disant qu’ils vont décharger des tâches répétitives administratives. Les outils numériques doivent être créateur de valeur pour les entreprises et les RH. Il faut arrêter de diaboliser la technologie et de se dire qu’elle va remplacer les ressources humaines. Non, la technologie ne va pas prendre notre job, elle va nous aider à être plus performant ! Ces outils optimisent les processus RH pour permettre de se recentrer sur l’humain et remettre le collaborateur au cœur des pratiques. Cette Tech RH doit être envisagée comme un vecteur de créativité et d’engagement collectifs.

Tu as récemment lancé le Prix RH Numérique en Suisse, peux-tu nous en dire plus sur ce prix ?

Je ne l’ai pas lancé toute seule ! C’est toute une équipe de RH bénévoles qui est derrière ce projet. Différents événements créés par des RH Suisses pour des RH ont vu le jour ces dernières années en Suisse pour mettre en avant l’innovation dans la fonction. Ce sont eux qui, bougent un peu les équipes, apportent des conditions de travail complètement différentes, créent des émulations d’équipes différentes, apportent de nouveaux concepts de travail et de nouvelles méthodologies, et qui sont en ligne avec l’évolution des sociétés. On souhaite mettre en avant cette population RH dans le Prix RH Numérique Suisse. Ce prix sera étalé sur une année pour laisser aux entreprises qui candidatent le temps de réfléchir et mûrir sur leur projet. Nous avons souhaité mettre en avant par ce prix, non pas des Responsables RH, mais des équipes RH pour favoriser l’intelligence collective et favoriser le collaboratif comme l’holacratie, par exemple. Pour moi, il est important de valoriser une équipe et non pas valoriser une personne, on en revient à ce que je disais au début on n’est plus du tout sur du management pyramidal mais transversal.

Je pense que tout le monde aime bien travailler en collectif. On parlait des dons tout à l’heure, on parlait de bénévolat et d’Alaya. Je pense que vous êtes sur un bon créneau. Vous créez vraiment un esprit de don de soi-même. Le Prix RH Numérique est dans le même schéma de pensées : faire don de ses compétences intellectuelles et humaines au sein d’une équipe et mettre l’intelligence collective au cœur des pratiques !

As-tu un message à transmettre aux entreprises à la recherche de moyens d’engager leurs employés ? Ou qui envisage d’adopter un programme de bénévolat et de dons ?

Dans les années à venir, nous allons avoir un véritable problème de « talent management » de « talent acquisition » ou « people attraction ». Il va falloir faire la différence en travaillant sur la valorisation de la marque employeur. Je reviens toujours sur cette marque employeur qui pour moi est importante et va faire la différence lors d’un engagement. Je pense qu’il va falloir trouver de nouvelles formes de recrutement qui seront moins agressives, moins commerciales et plus orientées sur l’humain pour fidéliser les collaborateurs !

Et pour pouvoir les fidéliser : une culture d’entreprise très forte, des valeurs fortes, et une marque employeur attractive peuvent faire la différence.  Je pense qu’une société comme Alaya leur permettra de s’identifier sur une partie de la culture de l’entreprise.

Et maintenant, à vous !

Un grand merci, Laetitia, de nous avoir fait partager ta vision. Nous sommes fiers de pouvoir collaborer avec toi et toute l’équipe de RH bénévoles pour ce premier Prix RH Numérique Suisse.

Si le prix vous parle, nous vous invitons à poser votre candidature jusqu’au 15 septembre. Tous types d’entreprises et de secteurs ont la possibilité de déposer un dossier de candidature pour mettre en avant vos innovations RH : https://www.prixrhnumeriquesuisse.com 

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